Semaine #7 J’aurais voulu être un artiste.

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Après un été à enquêter sur le sujet, être auto-entrepreneur n’est pas une mince affaire. Mais, être artiste, puisque cela en fait partie, et être reconnu en tant que tel, l’est encore moins. J’avais presque oublié cette catégorie de guerriers de l’administratif dans l’obligation de combattre des heures au téléphone pour acquérir une place au sein de notre société. En Suède, pourtant, obtenir le statut d’indépendant est une chose bien plus accessible que chez nous (en espérant que la caisse de compensation ne me lise pas). La structure mise en place dans le pays permet le développement de plus grands projets, comme celui que j’ai découvert à Malmö. Une compagnie ferroviaire située au nord, dans le quartier de Kirseberg, mettant à disposition ses immenses halles pour différents entrepreneurs. Lockstarllarna Studios est le projet de réhabilitation des lieux. Depuis 2015, il accueille plusieurs entreprises, allant d’infrastructures pour le cinéma à des productions audio-visuelles, et il se pourrait bien qu’il devienne le futur pôle culturel de la ville. Quoi de mieux qu’une zone industrielle pour développer créations et événements culturels, les lieux sont retirés et plutôt très grands, ils permettent donc des infrastructures impossible en centre-ville. Je suis allée à la rencontre d’Emma et Silas, un couple d’artistes, revenu s’installer à Malmö pour créer In-discourse.

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La zone industrielle, future place to be.

Avant qu’elle soit réaffectée, cette zone industrielle ferroviaire était, comme la plupart, pas très fréquentée et donc peu fréquentable. Aujourd’hui encore, elle est utilisée comme centre de stockage des machines, mais pas dans sa totalité, plusieurs entreprises ont vu là une opportunité pour y développer leur activités. Lorsque l’on découvre ces immenses halles à l’état brut, encore en activité pour certaines, on se rend compte alors du champs des possible qui s’ouvrent à ses bénéficiaires. La localisation se transforme en bonus, permettant ainsi de faire du bruit sans déranger son voisin. Ici, plusieurs entreprises cohabitent, ayant chacune à disposition d’immenses espaces, permettant par exemple l’entrepôt de décors de théâtre, très recherché par les compagnies. Sans oublier le loyer qui défie toute concurrence, mais il faudra évidemment relever ses manches pour rendre les lieux exploitables. Après l’intérêt montré par différents entrepreneurs, la compagnie ferroviaire réalise le potentiel des lieux, et devient favorable au développement de ceux-ci. Le projet fait parler de lui, et ne cesse de grandir, on peut y voir un futur pôle culturel pour la ville, puisque les possibilités d’aménagements sont infinies. Il suffit d’un peu d’imagination pour se faire une idée des futurs locaux aménagés, tout en gardant l’état brut des lieux, les hauts plafonds, les immenses baies vitrées, les puits de lumières, le béton, qui font tout le charme et l’âme de l’endroit. Des performances, des tournages de films, voir des concerts allant jusqu’à quelques milliers de personnes, tout est envisageable. C’est d’ailleurs ce qu’Emma se laisse à imaginer en me faisant la visite, les yeux pétillants.

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In-discourse

Après des études de comédie musicale à Londres, Emma voyage beaucoup pour sa carrière de danseuse, avant de s’installer quelque temps en Suisse, où elle travaillera aussi comme monteuse video. Cette chorégraphe suédoise de 37 ans, a finit par revenir à Malmö avec son compagnon biennois, Silas, pour monter In-discourse, leur société de production. Un choix pas forcément évident, mais au vu des possibilités qu’offraient le pays tant pour les artistes que les parents,

« Nous avons longuement réfléchi avant de nous installer ici définitivement. Mais ce pays soutient ses auto-entrepreneurs et artistes, c’est une manière, je pense de leur donner une raison de rester. On se sent valorisés aussi, ça motive à monter des projets. »

Situé au fond de la zone industrielle, on ne trouve In-discourse que si on a prévu d’y aller. Mais après quelques minutes de marche entre rails de trains et bâtiments de briques rouges, on tombe sur un lieu aux plafonds hauts et à l’acoustique impressionnante. Dans cet espace de 180m2, Emma et Silas ont totalement remis à neuf le local pour y accueillir toutes sortes de projets artistiques. Au mur, des planches de bois récupérées d’une salle de gymnastique, et au sol un plancher spécialement conçu pour danser mais aussi pour supporter des poids lourds pour le cinéma ou la machinerie de théâtre. Au fond de la salle on découvre un studio d’enregistrement, que Silas, ingénieur du son, à conçu lui-même. Les travaux ont duré plus de six mois avant de rendre le lieu totalement exploitable mais le résultat est sans appel, et l’un des principaux objectifs plus qu’atteint, m’explique Silas, ne plus êtres obligés de se déplacer constamment.

« Nous avons passé notre temps à voyager pour les tournées, mais aussi pour aller créer les différents projets sur lesquels nous étions engagés. Désormais, nous avons tout à disposition ici, et c’est vraiment agréable de pouvoir travailler à côté de chez soi, comme bon nous semble »

C’est un projet de toute une vie dans lequel ce couple à décidé de se lancer, il règne ici une ambiance chaleureuse, accueillante et surtout, propice à la création. On voit que le lieu à été créé avec l’envie d’héberger des projets très diversifiés. Désormais, il accueille des locations pour des tournages, des performances ou même des réunions, mais permet aussi des résidences. Les artistes recherchent régulièrement des lieux de ce type pour créer leur spectacle, avis à ceux qui me lisent d’ailleurs.. D’autant plus, dans ces immenses locaux, qui permettent de s’isoler de tout, et de travailler dans un environnement neutre. Je ne vois pas de meilleure alternative pour l’avenir de ces zones industrielles.

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Chacun chez soi et les artistes seront bien gardés.

La Suède, en plus d’une gratuité d’études et d’une sécurité sociale impressionnante, met en place des programmes à disposition des entrepreneurs pour leur permettre de développer leur société très rapidement. Silas et Emma, me l’ont tout deux expliqué, c’est plutôt simple d’obtenir une bourse artistique ou de mettre en place un projet tel que In-discourse. Et c’est tellement juste, pour motiver les auto-entrepreneurs locaux, il faut leur donner des raisons de rester, et le faire se sentir soutenus quelque soit leur métier! Nous ne parlons pas ici de grande capitale, Malmö est une ville de 300’000 habitants, c’est donc un point de comparaison possible avec notre pays. Découvrir cet espace m’a simplement montré une alternative supplémentaire au micro-entreprenariat.  Faire le choix de rester là où tout est à faire, plutôt que de partir, où la concurrence fait rage, le choix est vite fait non ? En fait, la caisse de compensation, si tu me lis, tu risque de recevoir un courrier sous peu, pour te donner deux trois conseils, tiens !


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Semaine #5 Copenhague, co-entreprenariat.

Après un mois dans le sud, je me suis pris un bon coup de vent helvétique dans la figure et étonnamment, je me sentie à Copenhague un peu comme à… Zürich! Les ambiances de quartiers sont bien différentes les unes des autres. Les boutiques, les cafés et les gens, stylés, sont à tout les coins de rue, il ne tient qu’à moi d’y rentrer. Je ne comprend pas la langue, mais tout le monde parle anglais. Et puis finalement, ce n’est pas une ville qui vit du tourisme, personne n’a vraiment beaucoup de temps à m’accorder : ils ont un train de vie à gérer. Ajouter à cela un thermostat qui tire la gueule, et il n’en fallait pas plus pour me rendre à l’évidence, pour rencontrer des gens et découvrir leur projets, il fallait que j’intègre leur cercle. Ne vous méprenez pas, cette ville est magique en tout point, vélo, architecture, nature pour ne citer qu’eux. Mais, en tant que reporter solitaire, je me suis honteusement laissée envahir par un étrange sentiment de solitude, dans un environnement pourtant si proche du mien, et qui plus est avec une bonne dose d’avant-gardisme pour un mode de vie se rapprochant de la perfection. Est-ce lorsque l’on atteint le bien-être total que l’on ne ressent plus vraiment le besoin de le partager? Ou, comme au Sud, est-ce lorsque notre pays n’est pas au beau fixe que l’on a ce besoin de prouver qu’il y fait tout de même bon vivre?

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Semaine #4 Athènes ce phoenix

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Ce qui ne me tue pas me rend plus fort.

Après une semaine sous la chaleur étouffante d’Athènes, polluée et pas vraiment chouchoutée, je devais me rendre à l’évidence, ses habitants ne sont pas confiants quant à l’avenir du pays, et ont pris l’habitude de vivre au jour le jour. C’était sans compter la rencontre de Giannis, ce passionné de 31 ans, avec les rêves d’un enfant, et les idées d’un génie. En ville, je peux réellement sentir la crise, tant dans les rues, que dans l’ambiance qui y règne. Mais contrairement aux îles qui vivent principalement du tourisme, les habitants de la capitale se voient forcer de chercher des solutions pour vivre au delà du tourisme. Et dans le cas des micro-entrepreneurs rencontrés, de leur passion. Sans l’espoir que leur pays aille mieux, ils sont persuadés qu’après une telle descente aux enfers, l’ascension est obligatoire, sinon c’est la mort du pays. Ils en sont fiers pour ce qu’il est, et non pour ceux qui le dirige, alors ils ont choisi de faire, plutôt que de se plaindre. Car ici, si l’état est bien le premier ennemi dans la course à l’auto-entreprenariat, il en ressort de vrais combattants. Les véritables victimes de la crise sont les gens de la classe moyenne. Je suis allée à la rencontre de trois projets qui persistent dans l’idée de redorer le blason du pays post-crise. Ils n’ont pas de solution miracle et ne savent pas non plus de quoi sera fait le mois prochain. Cependant, dans ce genre de situation, la passion est le seul moteur viable. Et je ne pouvais trouver plus passionné que Giannis. En quelques minutes, j’ai déjà envie de construire cette structure pour faire pousser des plantes chez moi. Outre une envie de développer son entreprise dans l’immobilier ou dans l’agro-alimentaire, je peux sentir que la réelle ambition est tout autre.

« J’aimerai initier la Grèce au mouvement écologiste. Imagine simplement si toutes les zones publiques, balcons et toits étaient recouverts de plantes »

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Julien, l’économiste.

Julien, un ami depuis l’adolescence, est de ces personnes calme et reposante, et dont on ne peut rêver mieux comme hôte. En plus de m’accueillir durant mon séjour, il a été d’accord de répondre à quelques questions. Il vit à Barcelone depuis 10 mois, et travaille actuellement pour une entreprise de recrutement, c’était l’occasion parfaite pour lui demander son avis à propos de l’économie espagnole. Je suis allée lui rendre visite sur le lieu de son travail, et entre deux photos sur la terrasse, nous avons discuté. J’ai passé un séjour magistral à Barcelone, de quoi démarrer ce projet Livetrotters en beauté, merci Blibli!

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